Facture électronique obligatoire : quels sont les vrais risques en cas de non-conformité ?

La réforme de la facture électronique va pousser les entreprises à encadrer et sécuriser encore davantage leurs processus de facturation. Pour autant, malgré les PA et le PPF, la conformité ne sera pas « by design », comme le dit l’adage. En effet, mal préparée, une entreprise s’expose non seulement à des amendes mais aussi à de véritables risques opérationnels. Éléments d’explications…

  
Avec l’obligation progressive de facturation électronique qui s’impose à toutes les entreprises françaises entre 2026 et 2027, la conformité ne doit pas être considérée comme un sujet technique uniquement réservé à la direction financière. Bien au contraire, elle devient un enjeu stratégique impliquant le top management mais aussi la fiscalité, l’IT, les opérations, etc. De fait, les risques associés à une mauvaise mise en œuvre sont bien plus vastes qu’on ne l’imagine.


Facturation électronique : les sanctions prévues par la loi

La réforme française de la facturation électronique s’articule autour de deux volets obligatoires, à savoir l’e-invoicing (émissions et réception des factures électroniques) et l’e-reporting (transmission des données à l’administration). Pour chacun de ces volets, en cas de non-conformité, l’entreprise s’expose à de nouvelles sanctions : 

→    Les sanctions liées à l’e-invoicing
En cas de non-émission d’une facture au format électronique conforme, une amende de 50 € par facture est prévue (au lieu de 15€).

Le montant des sanctions est plafonné à 15 000 € par an.

À noter : l’administration fiscale précise dans sa documentation officielle que la première infraction ne sera pas sanctionnée, si elle est corrigée rapidement.


→    Les sanctions liées à l’e-reporting

Pour les entreprises soumises à l’e-reporting, l’absence de transmission des données à la DGFIP (via le Portail Public de Facturation, ou PPF) est passible d’une amende de 500 € par transmission omise (au lieu de 250 €), également plafonnée à 15 000 € par an.

→    Les sanctions liées à la non désignation d’une PA

Une nouvelle sanction a également été introduite pour les entreprises n’ayant pas désigné une PA en réception. En effet, sans PA, ces entreprises ne peuvent recevoir de factures ce qui a un impact direct sur les entreprises qui sont déjà conforme. En cas de non conformité, les entreprises sont averties et ont 3 mois pour régulariser leurs situations sinon une pénalité de 500 € est appliquée. Si les entreprises n’engagent toujours pas de PA dans les 3 mois qui suivent, cette penalité passe à 1000€ et se renouvelle tous les 3 mois.

 

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Mais ce sont surtout les risques opérationnels qui menacent les entreprises…

La facture électronique n’est pas qu’un enjeu comptable ou fiscal : elle est au cœur des enjeux commerciaux et financiers vitaux pour l’activité des entreprises.  En cas de non-conformité, les conséquences peuvent être immédiates et sévères sur les flux opérationnels.

→    Ne plus pouvoir émettre de factures

À l’entrée en vigueur de la réforme, les entreprises ne pourront plus transmettre leurs factures directement à leurs clients. Toute émission devra passer par une PA et respecter un format structuré. Sans cela, les factures seront bloquées… et les paiements aussi.

→    Désorganiser ses processus financiers

Si l’entreprise commet une erreur au niveau des formats, des données ou de la transmission, les factures peuvent être rejetées. Avec des conséquences diverses : 

●    Retard dans les paiements, ce qui peut fragiliser la trésorerie ou perturber la clôture comptable ;

●    Une TVA non déclarée dans les temps impartis ; 


→    Perdre en compétitivité

La facturation électronique (liée à la dématérialisation) permet de réaliser de nombreuses économies mais aussi de sécuriser des processus (baisse des erreurs, raccourcissement des délais de paiement…).  

 

Une exposition accrue aux contrôles de l’administration  

Le point de vue de Rachid Ouzmine, Consultant Avant-Vente EDI/E-INVOICING chez Comarch France 

« Si une certaine tolérance sera de mise au moment de l’entrée en vigueur de la réforme, elle risque de ne pas durer. Et, pour les « mauvais » élèves, les conséquences seront sérieuses, notamment par rapport à l’administration fiscale.  
En effet, avec les nouveaux processus mis en place autour de la facturation, électronique, l’administration dispose d’un accès quasi instantané à l’ensemble des données de facturation. Toutes les anomalies seront visibles en temps réel !
Dans ce nouveau système, les éléments non-conformes (retard, erreurs,…) seront rapidement détectés. De fait, l’entreprise sera exposée à des sanctions mais aussi à ce qu’on pourrait appeler une « publicité négative »



Des effets systémiques pour les groupes opérant à l’international

Pour les groupes présents dans plusieurs pays, la diversité des modèles (clearance, post-audit, …) crée un risque de dispersion. Sans interopérabilité réelle ou vision consolidée, les filiales peuvent être confrontées à :
●    L’impossibilité d’émettre ou recevoir des factures dans certains pays ; 
●    Des surcoûts pour adapter localement des systèmes hétérogènes ; 
●    Une complexité accrue pour le contrôle de gestion ou les commissaires aux comptes. 
 

 

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Penser aussi à l’impact sur la réputation

De la PME aux grands groupes, il reste essentiel aujourd’hui de faire attention à son image, qu’il s’agisse de participer à des appels d’offres ou d’éviter des citations négatives dans les médias. La non-conformité sur la facture électronique peut nuire à la réputation dans le sens où elle va inquiéter les partenaires (fournisseurs, clients,…), illustrer une forme de désorganisation ou attester d’un désintérêt envers ce qu’on pourrait nommer une « éthique fiscale ». 

 

Comment se mettre en conformité ?

La facturation électronique structure les formats et fluidifie les échanges, mais les entreprises doivent se montrer proactives pour être parfaitement conformes. Et ce à trois niveaux : 

1.    La solidité des processus au global et en local ; 
2.    La mise en place de référentiels stables et dynamiques pour éviter les erreurs ;
3.    La capacité à couvrir l’ensemble des cycles de facturation sans rupture de traçabilité. 

Ce que la PA Comarch vous apporte :

   Une conformité automatisée et mondiale
Prise en charge native des formats et obligations en France, en Europe, en Amérique latine, en Asie…

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Mises à jour légales continues, directement appliquées dans la plateforme, sans rupture de service.

   Une interopérabilité éprouvée
Connexion fluide avec vos ERP existants (SAP, Oracle, Sage, etc.) et avec les plateformes publiques (Portail Public de Facturation, Peppol, KSeF, SdI…).

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Conseil, support dédié, conduite du changement : vous n’êtes jamais seul face aux enjeux techniques et réglementaires.