Standards 5G – Les télécoms doivent-ils emboîter le pas ?

Un CTO expérimenté pourra prétendre avoir la meilleure méthode et, avec un peu de chance, il aura raison – après tout, c’est comme ça que l’on explore de nouveaux terrains. Mais, dans les faits, en utilisant une approche différente de celle proposée par un groupe d’experts travaillant pour un organisme de normalisation (SDO), les chances de réussite de ce CTO sont minces.

Aujourd’hui, nous sommes bombardés d’informations en tous sens : nouvelles architectures de référence, nouvelles spécifications API, meilleurs flux de tâches et recommandations diverses. Et il peut être difficile de distinguer les informations pertinentes du reste.

Nous avons bâti notre civilisation avant tout en partageant nos connaissances et en apprenant de nos erreurs, ou de celles des autres. Un standard publié par un organisme expérimenté combine ces deux aspects. Nous avons ainsi accès à des recommandations émises par des experts du terrain, qui ont déjà eu l’occasion d’explorer des territoires auparavant inconnus. Ils ont également pu tirer certaines leçons en essayant de nouvelles méthodes à notre place.

Mais, dans le contexte de la 5G, ce n’est qu’un début. Nous pourrions obtenir de bien meilleurs résultats grâce à une approche standardisée pour les télécoms. Mais que pourrons-nous véritablement tirer des standards 5G ?


Les standards 5G – la standardisation comme facteur de modernisation des piles (stacks)


Votre pile logicielle résistera-t-elle à la révolution 5G ? Les opérateurs télécoms ont mis des années à bâtir leurs systèmes IT et ceux qui font sonner nos téléphones sont vastes et complexes. Les cartographies des logiciels que j’ai pu voir chez des clients lors d’analyses effectives ressemblaient plus à un plat de spaghettis qu’à un dispositif réellement opérationnel. Comment peuvent-ils donc fonctionner efficacement ?

Avec l’arrivée de la 5G à travers le monde, on observe une autre tendance : la modification des piles logicielles, qui va de pair avec le processus de standardisation. En effet, quand un opérateur télécom décide de simplifier son système IT, il se pose avant tout la question de sa conformité avec les standards en vigueur. Si c’est une solution prenant en charge des standards reconnus dans le monde entier qui est sélectionnée et implémentée dans le système hérité, l’ensemble du département IT fait un grand pas dans la bonne voie. L’échange ou l’extension du logiciel qui en résulte facilite l’intégration avec des API standardisées, plutôt que de devoir analyser et développer, avec toutes les pertes de temps et d’argent que cela suppose, deux API héritées.

Cette approche permet de composer des logiciels télécoms à la manière des Lego® : chaque bloc est compatible avec les autres et il suffit simplement de les assembler.


Comment offrir des services 5G dans des environnements multifournisseurs ? Via la standardisation !


Dans le contexte de la 5G, il faut parler d’orchestration, d’automatisation, de provisionnement Zero Touch et de maintenance. Comment y parvenir si votre réseau compte plus de dix fournisseurs différents et comprend toutes les technologies inhabituelles possibles ?

Imaginez que votre fournisseur se conforme aux standards en ce qui concerne l’API que vous intégrez à leur système. Dans ce cas, vous ne devez pas vous préoccuper de la modélisation de données propre au fournisseur ou des différentes manières de gérer les objets. Tous ces éléments complexes sont cachés sous l’API standard. Il vous suffit simplement de demander à votre fournisseur une API répondant aux standards. Ce qui n’est certes pas toujours chose aisée. De fait, dans la plupart des cas, cela se traduit par un investissement pour le fabricant, qu’il sera souvent peu enclin à réaliser. La standardisation des API pose également un risque pour le fournisseur (ce n’est pas un secret). En effet, si les API utilisées reposent sur les standards, il sera alors possible de remplacer le fournisseur plus facilement et à moindre coût. Du point de vue des opérateurs télécoms, les avantages sont évidents. Que le meilleur gagne !


Une réduction des OPEX – comment y parvenir ? À nouveau, en adoptant les standards.


Comme expliqué précédemment, les standards permettent de remplacer facilement un logiciel. Mais là, on parle plus de CAPEX que d’OPEX. Mais où se cachent donc ces gains en matière d’OPEX ? Et bien, si vos API reposent sur des standards, il devient bien plus facile d’y ajouter une solution faîtière en regroupant les données issues de l’ensemble des domaines dans un seul tableau de bord et centre de décisions unifié. Ce qui permet de véritables économies. En centralisant toutes ces informations, vous pouvez réaliser des économies à plusieurs niveaux. En effet, des tableaux de bord unifiés réduisent le nombre de systèmes dédiés à contrôler. De plus, des données unifiées au centre de décision central permettent également une analyse IA/ML, qui ouvre alors la voie à une véritable expérience réseau Zero Touch dans tous les domaines et pour tous les fournisseurs de votre environnement telco.


Conclusion


J’espère que cet article vous a ôté tous les éventuels doutes que vous pouviez avoir. L’ETSI, le 3GPP, la GSMA et bien d’autres mettent tout en œuvre pour obtenir les meilleurs résultats possibles – et ne se contentent pas d’éviter sans cesse les mêmes erreurs. Vu l’essor de la technologie 5G, les standards 5G nous offrent encore plus de possibilités qu’avant. Désormais, nous avons vraiment la possibilité de retravailler nos piles logicielles afin qu’elles soient capables d’opérer efficacement dans des environnements mondiaux, multifournisseurs et multidomaines. Et quand on parle d’efficacité, on entend une réduction des coûts des opérations ainsi qu’une accélération du provisionnement de nouveaux services et des reprises en cas de défaillance – autant d’éléments que nous promet le découpage du réseau 5G.




par Marcin Nowak, Gestionnaire de solutions senior, Comarch


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